Mohammed Ayat
Senior Legal Advisor
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Mohammed Ayat speaks on...

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    About this Video

    Country of Origin:
    Morocco
    Interview Date:
    October 15, 2008
    Location:
    Kigali, Rwanda
    Interviewers:
    Batya Friedman
    John McKay
    Videographer:
    Patricia Boiko
    Timestamp:
    9:51 - 21:41

    Transcript

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    Batya Friedman: So, let me, let me take you back a little bit in your life, to 1994. So where were you in the spring of 1994?
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    In the spring, I was teaching law in Morocco, but I think that, je pense que je devrais peut-être aller un peu plus loin. Je veux aller vers l-, l’été et l’automne, parce que j’étais Fulbright en, à ce moment-là, à Rutgers University, voilà et ce qui est curieux, c’est qu’à ce moment-là, il y avait un, un grand mouvement de, de juristes qui essayaient de, d’épauler la Cour inter-, Pénale Internationale.
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    Et en même temps, j’ai assisté, par exemple, à des conférences sur ICTY, sur le Tribunal de l’ex-Yougoslavie, il y avait même un juge qui était venu à cette université pour présenter donc le travail de, qui, qui était au début, tout à fait au début, et donc en fait j’ai été vraiment initié en quelque sorte à cette, à l’importance de la justice internationale.
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    Et si vous voulez je peux revenir maintenant en, en avril, malheureusement en avril, vous savez ce qui, ce qui est arrivé au Rwanda et puis bien sûr personne ne pouvait être en dehors de ça – on est tous responsables de ce qui s’est passé ici, d’une certaine manière, d’une certaine manière parce que bon je peut être, c’est Sartre qui a dit qu’on est tous responsables de ce qui se passe ailleurs, c’est vrai, d’une certaine manière, on doit essayer de l’être.
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    Interpreter: So let me, – if I come back to the spring of 1994, I was teaching law in Morocco, but allow me to go back to the summer of the same year, I was a Fulbright student at the Rutgers University.
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    Professor, I was professor. I was professor.
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    Interpreter: You, you said student? Professor, okay.
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    No, Professor, Professor. I, I, I was teaching in law in Morocco, and then, yes . . .
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    Interpreter: You got a Fulbright?
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    Yes, absolutely.
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    BF: To Rutgers?
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    Yes, yes . . .
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    Interpreter: To Rutgers, okay. At that time, there was a big . . .
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    . . . with 45 students.
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    Interpreter: . . . movement by journalists trying to promote International Criminal Court and even one judge from the ICTY, which was just set up then, came to the University to talk about international criminal justice; that is how I got involved. And we all know what happened in April 1994, in Rwanda, and I thought that somehow we are all responsible for what happened there.
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    In fact, responsible is too much . . .
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    Interpreter: That’s what you said.
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    . . . at least, no, no, that’s what I said. We are concerned, we have to be concerned. Et je voulais aussi dire peut-être que mon intérêt pour la, la justice pénale internationale ne date pas de 1994, j’ai travaillé beaucoup par exemple, avec l’Association Internationale du Droit Pénal sur le, sur un projet qui allait être par la suite soumis comme le projet pour la, la la Cour Pénale Internationale, notamment avec le Professeur Cherif Bassiouni, qui était à l’époque le, le Président de l’Association du Droit Pénal, l’Association Internationale du Droit Pénal.
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    Interpreter: Let me correct what I just said – we are not all responsible but we feel all concerned by what happened there. And I can tell you that my interest for international criminal justice dates back even to those events, because I was working on the, a project, aiming at the setting up of the International Criminal Court. I was involved with Professor Cherif Bassiouni, who was then the President of the International Association of Criminal Justice.
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    BF: Mm-hmm. Yes. And you made a decision to stay here in Kigali for all the 11 years. E-, many people moved to Arusha, you stayed here?
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    In fact, as Senior Legal Advisor, I should be in Arusha, because there is a lot of work to do there for me, for me and my colleagues, but we have also a lot of work to do here, and I have been – j’ai été en quelque sorte choisi, n’est-ce pas, pour assurer le contact avec les autorités rwandaises, pour être le responsable de la cooperation avec les autorités rwandaises. Et c’est quelque chose qui est très important pour le Bureau du Procureur, très important pour le tribunal.
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    Interpreter: As you put it, I should be in Arusha, where there is a lot of work to do, but I was designated to be the Liaison Officer with the Rwandese, the Rwandan government and this is a very important position for the tribunal.
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    It’s very important work, very important task. En fait, nous avons besoin de la coopération des autorités rwandaises, nous avons besoin aussi de la coopération de la, de tous les états membres des Nations-Unies, et en fait il y a les autorités rwandaises ici, bien sûr, et il y a aussi tous les diplomates qui sont accrédités au Rwanda et qui peuvent aussi aider ou coopérer avec le Tribunal. Donc il faut, il faut quelqu’un, je dirais peut-être en exagérant un petit peu, un ambassadeur n’est ce pas, pour assurer le contact avec toutes ces instances.
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    Interpreter: Okay, as I told you, it is very important to ensure collaboration and cooperation not only with the Rwandese authorities but with all the UN countries that are represented here by the diplomats. So, somehow, I am the ambassador and I help and assist collaboration between ICTR and the various countries represented here in Rwanda.
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    BF: Can you tell us some things, a story or two about the way in which you’ve tried to do this? It’s a hard, a hard thing to do; how do you go about it?
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    I can, I can, you know, I am a man of the heart, not brain. Let me tell you a story. Nous avons reçu une délégation de New York – enfin des Etats-Unis, d’un certain nombre de chercheurs qui voulaient aider le Rwanda à renforcer ses capacités judiciaires. Et ça nécessitait des contacts bien sûr avec les autorités rwandaises et c’est moi qui essayais d’ouvrir bien sûr toutes les portes.
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    C’est, c’est mon travail, j’essayais de les aider à avoir les contacts nécessaires, à rencontrer les gens, à avoir les audiences, et j’étais toujours avec eux – même je faisais un peu le traducteur aussi, quand il le fallait et je-, et il le fallait. Alors bon, on était là, on montait des escaliers, on descendait des escaliers, on, on rencontrait des gens dans les escaliers, tout le monde riait, parlait avec moi d’une très, d’une manière très agréable.
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    Et tout le monde était content de me voir, en quelque, en quelque sorte. Et puis il y a cette dame, qui était à la tête de la délégation, mais elle dit « mais, mais comment vous faites ? Je ne comprends pas, comment vous êtes ?… tout le monde vous accueille bien, tout le monde nous accueille bien», parce que c’est ça l’essentiel en fait, ils les accueillent bien aussi.
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    Alors j’ai dit, c’est très simple, si on veut faire un travail, il faut mettre un peu de son cœur dedans, faut pas le faire seulement avec la tête. Si on est dans un pays, on essaie de se rendre utile, on e-, on essaie d’aider, de, humblement, parce que bon, si vous n’êtes pas humble, on n’a pas besoin de vous, humblement on essaie d’aider, on essaie de contribuer, de contribuer, ben je crois qu’avec le temps ça se, ça se voit et ça paie. Peut être…
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    Interpreter: So let me tell you a story. Once I received a delegation from the US, made up of researchers who were here to try to help Rwanda in their capacity building. So, I was the one trying to facilitate their contacts with the Rwandese authorities, to open the doors for them. I was involved in establishing contacts and interviews, accompany them everywhere. I was even their interpreter.
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    Interpreter: And everywhere people were happy to see me, to see them, and we were all welcome and at a point in time, the head of the delegation told me, “How do you do it? You are welcomed everywhere.” And for me the answer is very simple – you have to do things with your, your heart, try to be humbly of assistance and that will help pave the way, pave the way.